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30/03/2018

Shaka Ponk

Le groupe français enflamme le Zénith le 12 avril. Rencontre avec Frah, le chanteur.
 
Comment est né votre 6e album, The Evol ?
Nous avons décidé, pour une fois, de ne pas faire un disque en tourbus, pendant la tournée, entre les concerts. Là, nous nous sommes posés, à Paris, nous avons aménagé un lieu pour nos besoins pour faire aussi des images, de la modélisation 3D, enregistrer... c'est La Factory ! Nous avons pris le temps, mais nous assumons complètement tout ce que nous avons fait avant. On s'est dit que nous allions faire comme les autres groupes.
 
C'est étonnant de vous entendre dire « faire comme les autres »...
Oui, mais par exemple, nous n'étions jamais allés en studio pour enregistrer. C'était plutôt du bricolage dans des endroits incongrus. Nous avons essayé mais cela n'a jamais fonctionné. Là, nous avons créé notre studio, la façon de travailler pour que tous les membres du groupe participent, chacun son petit job et à la fin ça donne les clips, les images, les décors, les personnages sur scène et la musique évidemment !
 
D'où vous tirez l'énergie qui se dégage de votre musique ?
Nous avons des points communs tous les six, on aime le rock, un parcours basé sur le fait qu'au début personne ne voulait de nous. Un projet trop étrange pour la France - une espèce de rock, fun, rap... on ne sait pas trop quoi - mais on a voulu poursuivre, montrer que nous avions le droit d'exister. Nous avons fait beaucoup de concerts et quand tu veux plaire au public en live, il faut qu'il sente qu'il y a une vraie énergie sincère, que tu souhaite avoir sa validation. On s'est beaucoup battu pour arriver là.
 
Quels souvenirs de votre période à Berlin, de 2004 à 2008 ?
C'est LES souvenirs ! C'était cool de faire des représentations et que des gens viennent nous voir. Mais on n'avait pas d'autres ambitions que de synchroniser notre singe (Goz) pour qu'il arrive à chanter sur scène avec nous... Et quoi de mieux que de se trouver dans une ville aussi cosmopolite qui fourmille d'artistes, de galeries et de salles de concert. C'était très enrichissant.
 
Pourquoi Goz, le singe virtuel ?
Nous étions un petit groupe qui se sentait très peu à notre place dans l'espèce humaine et nous voulions parler du comportement humain, avec des aspects un peu négatifs. Mais que ce soit plutôt des mutants, des animaux... C'est d'ailleurs pour cela que nous avons créé tous ces personnages qui nous accompagnent sur scène et dans les clips. Une soirée, nous avons rencontré un hacker du web qui avait créé un petit singe qui piratait les grosses campagnes sur internet. On lui a demandé : « Tu crois qu'il voudrait faire partie d'un groupe de rock ? » Il a répondu si vous voulez ! On l'a un peu modifié et on en a fait le personnage principal de toute cette « Shaka Ponkerie ».
 
Pourquoi ce nom de Shaka Ponk ?
Shaka pour le 1er boudha, Ponk pour le punk. Un mélange de styles.
 
Êtes-vous un groupe engagé ?
Oui, mais nous distinguons deux aspects. Le groupe, avec ses textes, son message basé sur le fait que l’espèce humaine n’est pas, comme on le croit, la plus évoluée. Ensuite, il y a les membres de ce projet qui, chacun à leur manière, font des choses pour l’environnement. Nous travaillons, par exemple, au sein d’un collectif d’artistes, avec la Fondation Hulot. Depuis 3 ans, nous travaillons sur une liste de gestes, vérifiés, qui, si tout le monde les faisait, on pourrait faire disparaitre la pollution sur la Terre. Chacun d’entre nous a intégré ces gestes – 25 à 30 que nous faisons chaque jour – pour nos déplacements, nos achats (produits en bocaux de verre), toute l’énergie fournie au groupe provient de l’éolien ou du solaire… Et nous voulons expliquer, faire connaître ces gestes au plus grand nombre.
 
Édouard Baer apparait sur votre album pour un bref slam...
On nous disait qu'il fallait faire des featurings sur notre album et à ce moment nous écoutions Édouard Baer sur Radio Nova le matin. Et s'il y a bien un punk, qui fait tout comme il l'entend sans faire comme tout le monde, c'est bien lui.
 
Un mot pour nos lecteurs ?
Il faut se renseigner sur les moyens simples et efficaces pour changer ses comportements pour l'avenir écologique et il faut faire un groupe de rock et aller à Berlin !
 
 
 
 

DITES-NOUS

 
Scène ou studio ?
Scène, avec le public.
 
France ou Allemagne ?
Ni France ni Allemagne, mais Berlin et Paris.
 
Shaka ou Ponk ?
Shaka la nuit, Ponk le jour.
 
En concert le jeudi 12 avril à 20h au Zénith de la Métropole.
 
Photos : Denis Rouvre.